January 5, 2012

Go Habs Go! (Français)

Maurice Richard, Elmer Lach, et Toe Blake, 1942

Chaque année, lorsque la saison de la Ligue nationale de hockey se met en branle, on sent la fébrilité des amateurs de hockey partout au pays. Au Québec, après quelques mois d’accalmie, les partisans des Canadiens ont enfin quelque chose à se mettre sous la dent, car le club est de retour sur la glace du Centre Bell.

L’histoire de cette grande équipe est parsemée de moments charnières et d’exploits sportifs qui ont franchi l’épreuve du temps. D’ailleurs, en 2009, la formation montréalaise soulignait fièrement ses cent ans d’existence. Mais d’autres événements moins importants demeurent significatifs et s’inscrivent dans l’histoire du Tricolore.

À leur début en 1909, l’équipe de hockey portant les couleurs du Club Athlétique Canadien fut formée pour séduire le public francophone. Le choix du nom ne fut pas laissé au hasard, car bien avant l’utilisation du terme « canadien-français » le vocable « Canadien » désignait alors les habitants d’expression française. En 1914, quelques années après sa formation, on commence à faire usage du terme « habitant » pour désigner le club montréalais. Comment expliquer cette nouvelle pratique?

Eugene-Payan

Eugène Payan portant les couleurs du Club athlétique Canadien lors de la saison 1910-1911. Coll. Mario Trépanier

Un élément de réponse réside dans le fait qu’à Montréal en 1914, deux clubs de hockey professionnels, les Wanderers et les Canadiens, évoluent dans la même ligue (l’Association nationale de hockey) et élisent domicile dans la même enceinte, le « Montreal Arena ». Pour les partisans des deux camps, il est particulièrement difficile d’afficher les couleurs de leur équipe favorite lorsque les deux formations jouent l’une contre l’autre.

Pour remédier à la situation, de nombreux amateurs francophones se rendent à l’Arena revêtus, en partie, du costume des anciens Canadiens : tuques de laine, ceinturons multicolores et mocassins indiens aux broderies perlées. Portant fièrement cette tenue, les spectateurs francophones sont désormais en mesure d’afficher clairement leur préférence.

À partir de ce moment, le terme « habitant » apparait dans les pages sportives.

Par exemple, un article publié dans le journal Le Devoir du 9 février 1914 va comme suit: « Le Canadien a administré la défaite la plus complète aux équipiers du Toronto samedi soir, devant une assistance monstre comme seuls nos équipiers savent en amener à l’Arena, résultat final 9 à 3. Sans contredit les Habitants eurent l’avantage continuellement ». Sept jours plus tard, l’expression est utilisée à nouveau dans le sous-titre d’un article publié dans le même journal: « Partie sensationnelle à Montréal samedi. Les Habitants blanchissent l’équipe des Sénateurs après six minutes de jeu supplémentaire. »

Ainsi, depuis fort longtemps, lorsque les spectateurs scandent le légendaire « Go Habs Go » pour encourager les Canadiens, ils ignorent qu’ils font référence à nos ancêtres, les anciens Canadiens. Dommage que les milliers de spectateurs ne portent plus le costume de l’habitant, tel que les amateurs le faisaient à l’époque.

Pour en savoir plus, consultez le site de L’Encyclopédie canadienne à: Canadiens de Montréal

version anglaise

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About Paul Foisy

For the last 15 years, Paul Foisy has had a passion for the history of sports. He was responsible for the website of the Panthéon des sports du Québec and is currently editor in chief and writer for the Sports et Société, a site dedicated to the history of sports in Québec. Paul Foisy s’intéresse à l’histoire du sport depuis une quinzaine d’années. Il a été chargé de projets web pour le Panthéon des sports du Québec et est aujourd’hui éditeur et rédacteur en chef de Sport et Société, un site dédié à l'histoire du sport au Québec.

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Français, History

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