Les vacances de Noël sont le moment idéal nous donnant une autre raison, si besoin est, de s’installer avec un livre dans un coin bien au chaud par une belle soirée d’hiver. Peut-être à la chaleur du poêle à bois ronronnant, les lumières de l’arbre scintillant dans un coin, et une bonne tasse chaude à la main. J’ai bien réfléchi à propos du conte de Noël « classique » canadien, et si j’ai été d’abord été surprise par la difficulté d’en trouver un, ce sentiment n’a pas duré.

Les Gallois ont Un Noël d’enfant au pays de Galles de Dylan Thomas, les Anglais ont Un chant de Noël de Dickens, et La Nuit des rois. Le Danemark a Le Sapin, la triste parabole de Hans Christian Anderson. L’Amérique a l’article de Francis Church : Oui, Virginia, le père Noël existe, La nuit avant Noël de Clement Moore, et Le cadeau des rois mages de O. Henry. Pour couronner le tout, elle a aussi mon jeu de mots favori, Comment le Grinch a volé Noël, le fameux classique du milieu du siècle de Theodor Geisel, alias Seuss. Voilà des œuvres qui sont lues et aimées chaque année, en plus d’être adaptées dans plusieurs médias.

J’en suis arrivée à la conclusion que le Canada n’a pas classique connu à si grande échelle. Étant une personne qui passe beaucoup de temps à réfléchir sur la littérature canadienne, j’ai été prise de court à ce sujet. J’ai pensé à différents épisodes, chansons, poèmes, et contes d’hiver : Noël huron de Brébeuf, la joie d’Anne à la vue des manches bouffantes pour Noël dans La maison aux pignons verts, l’étrange et beau poème d’Alden Nowlan, Country Full of Christmas, Le chandail de hockey de Rock Carrier, et Le cadeau de mariage de Thomas Raddall. Mais sûrement que j’oubliais encore quelque chose. Je me creusais la tête, mais mon cerveau refusait de divulguer un seul mot, avec toute la détermination d’un espion bien entraîné.

Alors, j’ai fait de la recherche sur internet. J’ai commandé quelques anthologies de Noël canadiennes, un merveilleux divertissement pour moi et ma famille tout au long de la saison. J’y ai découvert de nouvelles histoires, de nouveaux auteurs, et d’anciennes et récentes traditions à travers le pays. Cela m’a aussi rappelé des œuvres qui ne m’étaient pas venues tout de suite à l’esprit : l’histoire hilarante de Stuart McClean à propos de Dave qui fait cuire une dinde, par exemple, ou encore les entrées et sorties chaotiques de Bridget Murphy d’une aile psychiatrique le soir de Noël, dans le roman Strange Heaven, de Lynn Coady. Certaines des histoires courtes de Stephen Leacock, comme The New Food, à propos d’un bébé qui mange treize repas de Noël, ou Hoodoo McFiggin’s Christmas, une méditation utile sur les dépenses de Noël, par l’économiste canadien le plus drôle.

J’en ai conclu que pour moi, la meilleure littérature de Noël canadienne provient du Nouveau-Brunswick, de la plume de David Adams Richards, un chroniqueur profondément compatissant, à l’humour mordant, de la vie et de la pauvreté rurales. Je revenais toujours au scénario et à la version adaptée de son histoire courte Small Gifts, diffusée comme émission de télévision spéciale sur la SRC. Indépendamment de la façon dont cette histoire est médiatisée, je souhaite la déclarer « conte de Noël national » pour le Canada. Elle fait écho aux mêmes thèmes que Les cadeaux des rois mages de Henry, mais se situe dans la région de la rivière Miramichi, remplie de piles de bois, de pâtés à la viande, de messes de Noël et d’engins qui ne démarrent pas. L’histoire est celle d’un jeune couple qui lutte pour l’argent et sa communauté pendant les jours qui précèdent Noël. Dévergondée, lugubre, follement drôle et imprégnée d’amour, tous devraient la lire.

Nous n’avons pas un conte de Noël, un poème ou une pièce de théâtre, en fait, nous en avons plusieurs. J’ai seulement commencé ici à en faire la liste. J’aimerais bien lire ce que vous en pensez et voir vos recommandations sur la meilleure littérature de Noël canadienne. Joyeuses Fêtes à tous, et bonne lecture.

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About Susanne Marshall

Susanne Marshall lives in Halifax, NS, where she teaches writing and Canadian Literature. She was educated at Mount Allison University, the University of Toronto, and Dalhousie University, where she completed a PhD in contemporary Canadian literature. Her research interests include redefinitions of regionalism, Atlantic Canadian writing, ecocritical writing and urban writing. Susanne has also worked in the educational publishing industry as a developmental editor, and as a freelance editor. She reads and writes all day, for her profession, for interest, and for the love of it.

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Français, Literature, Reading In Canadian